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La gêne-éthique de droite: une dérive liberticide contre les revendications sociales.
Publié par Bertrand Colin dans Non classé le 17 mars 2011
Revue de Presse.
Dans son édition du 10 Mars, Politis relève une dérive autoritaire choquante initiée et encouragée par les gouvernements de droite successifs: le fichage génétique des responsables syndicaux.
En 1998, le gouvernement de Lionel Jospin crée le fichier national automatisé pour les empreintes génétiques (FNAEG), une mesure pour prévenir, exclusivement à l’époque, les crimes sexuels. Trois ans plus tard, le gouvernement socialiste toujours élargit la cible du fichier aux auteurs d’actes de barbarie, de torture et de terrorisme.
Si cette dernière notion est juridiquement difficile à définir et peut être le fruit de considérations symboliques et politiques conjoncturelles, Nicolas Sarkozy ministre de l’Intérieur en 2003, introduit une catégorie de délinquants dont la circonscription est encore plus floue. Désormais, toute personne provoquant “un trouble à la tranquillité publique” peut être génétiquement fiché.
Une loi liberticide
Qu’on s’entende, un faucheur d’OGM qui milite pour la qualité environnementale, un tagueur qui combat la publicité envahissante, un étudiant ou un salarié qui défend ses droits en faisant un sit in dans la Préfecture, un écologiste qui manifeste en ralentissant le convoi secret de déchets radioactifs tombe sous la coupe d’une loi devenue réactionnaire, anti-sociale.
C’est sans compter sur le travail de la Justice, pourrions-nous objecter, responsable et garante des libertés sociales qu’elle est et qui saurait interpréter ce droit flou en fonction des libertés constitutionnelles. SAUF QUE, sans attendre une éventuelle condamnation de la Justice, la police a autorité pour opérer ce fichage. S’y refuser est considéré comme un délit passible de deux ans de prison ferme et jusqu’à 30.000€ d’amende, nous dit Politis. Piquée mais innocentée, la victime n’aura qu’à affronter les arcanes administratives pour effacer son empreinte du fichier orwellien.
Et pas de politique fiction ici. Actuellement près d’un million et demi d’individus – en totalité des catégories – ont leur génome enregistré. L’un d’entre eux Philippe Galano.

